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Investissement locatif

Location courte durée à Marrakech : règles et obligations

6 min de lecture Mis à jour le 13 octobre 2026 Par Amazigh Prime Agency
Chambre d'un rez-de-jardin à Noria
L'essentiel
  • L'hébergement touristique relève de la loi 80-14 ; son décret d'application n° 2.23.441, publié en 2023, prévoit une licence d'exploitation avant d'accueillir du public, y compris pour les hébergements dits alternatifs.
  • L'encadrement spécifique des locations type Airbnb reste en chantier : un arrêté complémentaire a été annoncé en 2025 et un décret était en préparation début 2026.
  • Les revenus sont imposables, la taxe de séjour vise l'hébergement touristique et les autorités demandent aux loueurs de déclarer l'identité de leurs occupants.
  • Au-delà de 30 jours, la location relève de la loi 67-12 sur les baux d'habitation, même meublée.

La location courte durée à Marrakech séduit de nombreux propriétaires, attirés par la demande touristique. Son cadre juridique, lui, est encore en construction : des textes existent, d'autres sont annoncés, et les contrôles se renforcent. Voici ce qui est établi à la date de rédaction (octobre 2026), ce qui reste à préciser et les réflexes à adopter.

Le socle : la loi 80-14 et le décret de 2023

Au Maroc, l'hébergement touristique est encadré par la loi n° 80-14 relative aux établissements touristiques et aux autres formes d'hébergement touristique. Son application a été précisée par le décret n° 2.23.441, adopté et publié en 2023.

  • Le décret prévoit une licence d'exploitation avant l'ouverture au public de tout établissement d'hébergement touristique.
  • Selon la presse marocaine, il vise aussi les hébergements dits alternatifs, catégorie dans laquelle sont rangées les locations de type Airbnb, aux côtés des maisons d'hôtes et des bivouacs.
  • Pour certaines de ces formes d'hébergement, l'autorisation relève des autorités locales, après avis des services concernés et selon un cahier des charges.
  • D'après les comptes rendus publiés, le dossier comprend notamment un contrat d'assurance, des photos des lieux et un justificatif de conformité du bâtiment (permis d'habiter ou attestation d'un ingénieur).

Dans les faits, l'application reste inégale. Plusieurs articles de presse ont relevé que ce cadre peinait à s'imposer, faute notamment d'un cahier des charges finalisé pour toutes les catégories.

Ce qui est encore en chantier

Deux annonces récentes montrent que les règles vont continuer à bouger.

  • Juillet 2025 : le ministère du Tourisme a annoncé un arrêté complémentaire à la loi 80-14 pour intégrer les hébergements non déclarés (appartements, riads, locations type Airbnb), avec une mise en œuvre progressive.
  • Janvier 2026 : devant la Chambre des représentants, le secrétaire d'État chargé de l'Habitat, Adib Benbrahim, a indiqué qu'un décret était en préparation pour limiter l'expansion de la location courte durée dans les zones non touristiques et remettre le logement de longue durée au centre des priorités.

À notre connaissance, ce décret n'avait pas encore été publié à la date de rédaction. Son contenu exact, les zones concernées et son calendrier restent donc à confirmer. C'est un paramètre à intégrer avant tout achat destiné exclusivement à la courte durée.

Déclarer l'identité des voyageurs

Les hôtels et établissements touristiques remplissent une fiche de police pour chaque client. Pour les particuliers qui louent un logement, le ministère de l'Intérieur a publiquement appelé les loueurs à déclarer l'identité de leurs occupants, en avertissant qu'une négligence pouvait leur valoir d'être inquiétés par la justice.

Les modalités pratiques (formulaire, interlocuteur, délai) peuvent varier d'un secteur à l'autre. Les bons réflexes :

  • demander une pièce d'identité à chaque voyageur adulte et en conserver la trace ;
  • tenir un registre des séjours : dates, noms, nationalités ;
  • se renseigner auprès de l'arrondissement ou du commissariat dont dépend le logement sur la procédure à suivre.

Taxe de séjour et impôts

La taxe de séjour

La taxe de séjour est une taxe locale prévue par la loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales. Elle est due par nuitée et par personne, avec des tarifs fixés par les communes à l'intérieur de fourchettes qui varient selon la catégorie d'hébergement. Dans les établissements touristiques, elle est encaissée auprès du client puis reversée.

Son application à un logement loué par un particulier dépend du statut de l'activité. Renseignez-vous auprès de la commune et vérifiez ce que la plateforme de réservation collecte, ou non, pour votre compte.

L'impôt sur le revenu

Les revenus de location courte durée sont imposables, quel que soit le canal de réservation. Leur régime dépend de la façon dont l'activité est organisée : location occasionnelle, activité régulière avec services, maison d'hôtes ou société. Les contrôles se sont renforcés : la presse a rapporté en 2024 des audits de l'Office des changes sur les virements internationaux reçus par des loueurs. Les principes sont détaillés dans notre article sur la fiscalité des revenus locatifs au Maroc.

La limite des 30 jours et les règles de copropriété

Un point souvent ignoré : la loi 67-12 sur les baux d'habitation s'applique aux locations de plus de 30 jours, meublées ou non (article 1). Au-delà de cette durée, même un séjour présenté comme des vacances relève du bail d'habitation : contrat écrit à date certaine, état des lieux, dépôt de garantie plafonné à deux mois de loyer. Ces règles sont détaillées dans notre article sur la location meublée, le bail et la caution.

Le piège de la moyenne durée

Les séjours d'un à plusieurs mois (télétravailleurs, missions, hivernants) entrent donc dans le champ de la loi 67-12. Or celle-ci prévoit que le bail ne prend fin qu'après un congé notifié dans les formes, pour un motif reconnu par la loi (articles 44 et 45). Avant de proposer ce type de séjour, faites relire votre contrat par un professionnel du droit : la souplesse d'une réservation en ligne ne se retrouve pas dans un bail d'habitation.

Les règles de la copropriété

La copropriété impose aussi ses propres règles :

  • le règlement de copropriété peut encadrer, voire limiter, les locations de courte durée ;
  • le syndic peut fixer des règles d'accès, de badges ou d'usage de la piscine ;
  • votre assurance doit couvrir explicitement la location à des tiers ;
  • le voisinage reste un critère : les nuisances répétées finissent toujours par remonter.

Ce que l'on sait, ce qu'il faut vérifier

SujetCe qui est établiÀ vérifier pour votre bien
AutorisationLicence d'exploitation prévue par le décret n° 2.23.441Catégorie applicable, autorité compétente, pièces exigées
Nouvel encadrementArrêté annoncé en 2025, décret en préparation début 2026Publication, zones concernées, date d'entrée en vigueur
VoyageursAppel des autorités à déclarer l'identité des occupantsProcédure locale auprès de l'arrondissement
Taxe de séjourTaxe locale par nuitée et par personne (loi 47-06)Application à votre statut, tarif communal, collecte
RevenusImposables dans tous les casRégime fiscal selon l'organisation de l'activité
Séjours de plus de 30 joursLoi 67-12 applicable, meublé ou nonBail écrit, état des lieux, garantie
CopropriétéLe règlement s'impose à tous les copropriétairesClauses sur la location de courte durée

Acheter pour louer en courte durée : les bons réflexes

  • Lire le règlement de copropriété avant de signer, pas après.
  • Privilégier les résidences conçues pour accueillir des séjours courts : accès, sécurité, gestion des parties communes.
  • Prévoir un budget d'ameublement et d'équipement ; notre checklist pour meubler une location courte durée vous aide à le construire.
  • Bâtir la rentabilité sur des hypothèses prudentes, et garder la possibilité de basculer en location longue durée si les règles changent.
  • Formaliser les règles du séjour : nombre maximal d'occupants, horaires, usage des parties communes, conditions de la caution.
  • S'entourer d'un gestionnaire qui connaît les obligations locales.

Amazigh Prime Agency accompagne les propriétaires sur ces sujets à travers son offre de location courte durée et de gestion, et peut prendre en charge l'ameublement et la décoration du logement. Pour faire le point sur votre projet, contactez l'agence.

Questions fréquentes

La location type Airbnb est-elle légale à Marrakech ?

Elle n'est pas interdite, mais elle est encadrée. Le décret n° 2.23.441 de 2023 prévoit une licence avant d'accueillir du public dans un hébergement touristique, et un encadrement plus précis des locations de particuliers est en préparation. Vérifiez les règles applicables à votre bien avant de le mettre en ligne.

Faut-il une autorisation pour louer son appartement à la nuitée au Maroc ?

Le cadre issu de la loi 80-14 et de son décret de 2023 prévoit une licence d'exploitation pour l'hébergement touristique. La catégorie applicable et l'autorité compétente dépendent du logement et de l'activité : renseignez-vous auprès de la délégation régionale du tourisme et des autorités locales.

Doit-on déclarer ses voyageurs aux autorités ?

Les autorités ont appelé les loueurs à déclarer l'identité de leurs occupants, et les établissements touristiques remplissent une fiche de police par client. Demandez une pièce d'identité à chaque voyageur adulte et renseignez-vous sur la procédure auprès de l'arrondissement dont dépend le logement.

Les revenus de location courte durée sont-ils imposables au Maroc ?

Oui, quel que soit le canal de réservation. Le régime dépend de l'organisation de l'activité : location occasionnelle, activité régulière avec services, maison d'hôtes ou société. Faites valider votre situation par un conseiller fiscal.

Que se passe-t-il si un voyageur reste plus de 30 jours ?

Au-delà de 30 jours, la location relève de la loi 67-12 sur les baux d'habitation, même si le logement est meublé. Un bail écrit à date certaine, un état des lieux et un dépôt de garantie limité à deux mois de loyer s'imposent alors.

Cet article est un guide général. Pour les questions juridiques et fiscales, faites confirmer votre situation par un notaire ou un conseiller.